L'histoire de la chapelle...

 Pour bien des pèlerins depuis 30 ans, la Chapelle Notre Dame de Bonne Espérance, plus connue sous le nom de Chapelle de Sainte Rita à Brasmenil est un lieu de refuge, de grâces, de supplications et de bénédictions.

Personne ne pourra chiffrer le nombre réel de visites, le nombre de pèlerins venus de toutes parts Seul Dieu par l’intercession de Sainte Rita connait l’intimité de toutes les prières et demandes déposées chaque jour.

 Tous les pèlerins, parfois bien embarrassés, ont remarqué que la chapelle n’est signalée par aucun panneau indicateur… On y arrive « comme par miracle » on s’y laisse conduire..

Certains éléments d’histoire locale, sans lien apparent avec la chapelle, laissent comme un sentiment de prédilection à l’endroit.

La chapelle est située « rue de la savatte », rue qui permettait d’arriver quelques kilomètres plus loin au lieu dit actuel « le Champ d’Asile ». Il est question de l’existence en ce lieu d’une léproserie.

Les malheureux « traine-savate » auraient-ils laissé l’appellation à cette rue ?? Qui sait ??

Même si la démonstration semblera simpliste à certains esprits réducteurs, il n’est pas interdit de penser  que ces lieux sont marqués du souvenir des peines et des misères de tous ces malheureux d’autrefois.

Pourtant si l’un ou l’autre oratoire a pu orner cette rue, la chapelle actuelle n’existait pas à l’époque.

 D’autres lèpres modernes dont nous connaissons tous les ravages y sont aujourd’hui apportées.

Peut-on dire que la divine Providence avait mis ses desseins en ce lieu ??

Nous sommes donc ici en terre belge wallonne et l’histoire nous fit Bourguignons, Autrichiens, Espagnols, Français selon le temps et les évènements touchant une frontière située à quelques menus kilomètres.

 

Ainsi ballottée d’époque en époque et de régime en régime, cette petite contrée continue d’offrir le calme et la sérénité paysanne.

 

Et cette sérénité se retrouve dans cette petite fermette de pur style flamand, bâtiment bas,  tout en longueur ayant peu de prise au vent.

 

De petite exploitation paysanne, elle passe entre les mains de particuliers qui l’aménageront sans lui enlever son style.

 

Chapelle 16En 1977, Monsieur l’Abbé Fauvelle alors professeur vient secourir Monsieur l’Abbé Bataille curé titulaire des paroisses Saint Géry de Brasmenil et Saint Martin de Wasmes Audemez Briffoeil. Il est conquis par l’endroit mais surtout par le travail à accomplir à la Vigne du Seigneur. Il succédera à l’Abbé Bataille.

 Il acquiert cette maison au début des années 1980 et en prévoit l’aménagement.

La grange de la fermette servira à la création d’une chapelle…

 

La « première pierre » venait donc d’être posée.

La fermette de la rue de la Savatte vient donc d’accueillir son nouveau propriétaire.

 

FauvelleMais laissons la parole à Monsieur l’Abbé Fauvelle lui-même …

 « La grange était une ruine et le jardin une savane ».

 En effet , nous  rapporte-t-on, il a fallu beaucoup de courage et de ténacité pour sortir la maison de l’état lamentable dans lequel  des propriétaires épisodiques l’avaient laissée.

 Mais l’Abbé Fauvelle avait un projet en tête et armé de la grâce de Dieu, de l’intercession de Notre Dame et de la volonté déterminée de ses troupes, il allait savoir le mener à son terme.

 

Et le terme de cet épisode se conclut en apothéose avec la bénédiction de la chapelle , sous un soleil radieux, le 15 août 1983. Toute la bâtisse offre ses couleurs traditionnelles du Nord, le blanc de la chaux sur les murs extérieurs et les bas de murs de la couleur du goudron noir. Tout est fleuri, pas un brin d’herbe ne dépasse de la pelouse. La future chapelle est trop petite pour contenir l’assistance.

 

Voilà que commence la cérémonie. Sont présents l’Abbé Pierre Bataille, curé de Brasménil et Wasmes, l’Abbé Léon Depauw, curé de Maubray,  l’Abbé Antoine curé de Pipaix, originaire de Brasmenil et l’Abbé André Fauvelle.. C’est Monsieur l’Abbé Bataille qui prononce la prière de bénédiction et procède à l’aspersion puis commence le Salut du Saint Sacrement.

Monsieur l’Abbé Fauvelle donne une courte exhortation pendant le salut, rappelant la dédicace de cette chapelle

à Notre Dame de l’Espérance. Il rappellera avec toute la saveur des propos qu’on lui connait , tirés d’une profonde méditation , le rôle de Corédemptrice de la Très Sainte Vierge Marie.

 La Cérémonie religieuse achevée, c’est le moment naturel des remerciements à tous les intervenants dans cet aménagement.

L’Abbé Fauvelle  cite les chevilles ouvrières, qui dès le début fut partantes pour l’aventure .. Ainsi nomme-t-il Robert , Camille  « celui qui a tout pensé, tout créé tout agencé »,  puis ses jeunes coéquipiers au cœur de scout toujours prêts ……. mais dit-il :

« Cette chapelle est aussi l’affaire de tous, puisque beaucoup sont venus donner leur temps, leurs moyens, leurs efforts pour cette belle œuvre. Tout a été offert, preuve que pour tous, il s’agit de « leur »   chapelle ».

 

Chapelle 1 001Au 10, rue de la Savatte s’est ouverte une porte du ciel. La chapelle est toute simple, un petit autel en pierre du pays,  un tout petit tabernacle qui ne contiendra la Présence Divine que plus tard,  un grand Christ en croix au dessus de l’autel. Il y a aussi une niche illuminée avec la statue de Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, le Saint Curé d’Ars, un chemin de croix ..

Comme l’humble crèche de Bethléem, une étoile s’y est posée, elle ne cessera plus d’attirer les âmes. 

Invitation discrète……….

 Nous sommes toujours en ce beau jour de l’Assomption 1983.

 La cérémonie de Bénédiction et d’inauguration de la Chapelle a laissé la place à une petite fête amicale, le temps de se féliciter de l’évènement et de poser les jalons de l’avenir.

 

C’est ainsi qu’un professeur du collège Saint Julien d’Ath signale au sacristain qu’une annonce vient de paraître en page  nationale du journal Dimanche. Une personne se propose d’offrir une statue de sainte Rita.

 

Tout le monde pense qu’il s’agit de récupérer une statue destinée à la destruction pour l’une ou l’autre cause.

Personne ne va plus loin que ce simple signalement et l’entretien sombre dans l’oubli...

 

C’est sans compter sur les desseins de la Providence.

 

« Se renseigner… ça ne coûte rien…. », c’est bien la conclusion du sacristain… Il forme le numéro de téléphone concerné, en région bruxelloise…

 

« Allo… oui.. bonjour Monsieur, vous avez publié une annonce dans le journal Dimanche…Vous avez une statue de Sainte Rita à donner ? ?…. Elle devait être détruite ? ? Dans quel état se trouve-t-elle ? »

 

Et le sacristain s’entend répondre : «  Détrompez-vous , il n’y a pas de statue actuellement….Mais ,en reconnaissance à Sainte Rita qui m’a obtenu la guérison de ma cécité, je désire offrir une statue à  une église afin de répandre la dévotion à Sainte Rita …

Mais avant, j’ai besoin de voir les lieux, afin de faire fabriquer la statue en conséquence »…

 

Un rendez-vous est pris et plusieurs semaines plus tard, l’annonceur vient voir la chapelle à la rue de la Savatte.

 Sa conclusion est tranchée… la chapelle est trop petite et c’est vraiment  trop à l’écart…       il veut une église de grande ville pour que ce soit suivi.. il a d’ailleurs plusieurs autres demandes….

 

L’affaire semble donc classée…on aura quand même essayé… l’annonceur ne donne d’ailleurs plus signe de vie.

 

Une nouvelle fois, les pensées humaines ne sont pas celles  de Dieu..

 

Quelques semaines passent encore, et soudain l’annonceur se manifeste à nouveau..

 

« Oui, bonjour, c’est moi qui suis allé vous voir pour la statue de Sainte Rita, j’ai beau visiter tous les lieux qui se disent intéressés,  j’ai beau faire des kilomètres ,    je ne sais pas pourquoi, je reviens toujours vers votre  chapelle..

 C’est décidé, je offre la statue  à la Chapelle de Brasménil,  allez  de suite prendre les mesures que je puisse faire mouler la statue..

 

Chapelle 14Et c’est en fin d’automne 1983 que Monsieur Henri Sinéchal, ingénieur en retraite de la FUCAM MONS habitant Bruxelles, réalise son plus cher vœu en apportant la statue de Sainte Rita à la chapelle.

 

Coïncidence non voulue,  Mgr Pierre Carlier, vicaire général est en visite chez l’Abbé Fauvelle, Il a pu découvrir la nouvelle chapelle.

 

C’est  donc Mgr Carlier qui procédera à la bénédiction et à l’installation de la statue de Sainte Rita à l’emplacement qui n’a jamais changé depuis.  Monsieur le Vicaire Général  eut  un mot inspiré pour conclure :

« Ici, elle fera beaucoup de bien »

 Quelle clairvoyance !!!    Il est certain que cela ne s’est jamais démenti…

Sainte Rita s’est invitée discrètement

 

 

 

 

Tout au long des années, la chapelle va vivre au rythme d’une église de campagne….

 Adoration du Saint Sacrement une fois par mois, Messe quotidienne à 18h30, Salut « d’anniversaire » chaque 15 aoüt , mois de Marie, de St Joseph, du Sacré Cœur, du Rosaire…

 Et petit à petit prend forme le pèlerinage à Ste Rita…….                   Mais nous en reparlerons                        

…….de 1983 à 1999

 

Le levain est dans la pâte… le pain n’a plus qu’à pousser.

Oui, Sainte Rita a désiré venir se réfugier dans ce petit coin de campagne du Hainaut et tel un soleil dardant ses rayons, elle va répandre et diffuser petit à petit les bontés que Notre Seigneur accorde à ses  prières…

Pendant toutes ces années, les pèlerins seront de plus en plus nombreux et viendront de plus en plus loin pour déposer ces innombrables demandes et supplications, ces appels de détresse, ces cris d’angoisse et aussi tant de prières d’action de grâce.

Si bien que l’Abbé Fauvelle et ses collaborateurs s’interrogent sur la volonté divine qui entoure ce lieu.

La chapelle sert également pour les messes de semaine, l’abbé accueille des fidèles lors de recollections, pour des directions spirituelles. 

Mais Sainte Rita fera sentir que elle veut davantage.

Un 22 mai au soir, alors que l’abbé Fauvelle s’est absenté durant la journée, il trouve à son retour une petite affluence aux pieds de Sainte Rita… Le prêtre se laisse pousser par une intuition et décide de célébrer aussitôt la messe pour les fidèles rassemblés.

Ainsi s’allume la flamme du pèlerinage annuel.

Ste rita 2014 37D’année en année, la foule devient trop importante pour l’espace offert par la chapelle. Il est alors décidé de dire la messe en plein air dans le petit parc au fond de la cour...Tout cela devient une lourde organisation pour les quelques bénévoles, surtout quand le temps n’est pas propice. A force de déboires, le pèlerinage ira rejoindre la si belle église paroissiale qui devient vite, elle aussi, trop petite..

La chapelle a un rayonnement très important, pourtant aucun panneau indicateur ne la signale, d’où que l’on vienne… Une petite lettre aux amis de Sainte Rita verra le jour, réalisée avec les moyens du bord mais fruit d’une volonté trempée de répandre la Parole de Dieu et d’unir les fidèles..

 

 

 

 

 

Hélas, l’humble et discret fondateur sent le poids des ans et le prix d’un combat pour la Sainte Messe, colonne vertébrale de la Foi. Sa santé déficiante l’oblige à prendre du recul mais sa prière ne faiblit pas. Nous sommes en 1999, la porte de la maison se referme derrière le vieux soldat.

Mais Sainte Rita continue de veiller……….

 

L’âge et le tribut payé pour le combat de la foi et la préservation de la Sainte Messe des déviations dévastatrices ont eu raison de la santé de l’Abbé Fauvelle qui va se retirer dans sa région natale. Brasmenil et surtout sa chère chapelle demeureront sa plus grande préoccupation.

Chaque jour, il priera pour toutes ces intentions difficiles quotidiennement confiées à Sainte Rita, des détresses de tous ordres qu’il a bien connues quand il était sur place et pour tous les pèlerins qu’il accompagnait  avec la sollicitude de son cœur de prêtre.

 

Si L’abbé Fauvelle est toujours resté par la prière et en esprit auprès des siens, il avait désiré avant de passer le flambeau , qu’une succession soit assurée dans la lignée qu’il avait toujours suivie.

 

Une rencontre avec Monseigneur Wach, Prieur général de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre lui fit trouver l’espoir pour le lendemain. Ce qui arriva.

Et c’est en accord  avec Monseigneur Huard, évêque de Tournai et de son successeur Mgr Harpigny que les Abbés et Chanoines de l’ICRSP ont pris en charge la desserte de la chapelle, telle que vous la connaissez tous, à travers ce bulletin, les calendriers, pèlerinage et bien sûr les offices divers régulièrement célébrés.

 

Tout décrire déborderait largement de ces lignes.

 

Une épreuve devait frapper la chapelle en 2007… mais les épreuves ne sont-elles pas faites pour grandir ?

Un matin de juin 2007, les voisins les plus proches de la chapelle voient de la fumée noire s’échapper de la porte d’entrée. Pas de doute,  il y a un gros problème. Heureusement, l’un d’eux est pompier…

L’intervention sera rapide, préservant le maximum. Rien n’a eu le temps de s’enflammer mais une couche de suie lourde, grasse et noire remplit l’oratoire…Un cierge est tombé sur un ex-voto en matière plastique qui s’est consumé  lentement.

La chapelle doit être fermée le temps des expertises, des nettoyages, de la remise en état selon la disponibilité des bénévoles et des artisans..

La statue de Sainte Rita est installée dans la cour, dans un chalet en bois…les pèlerins continuent leurs visites sans défaillance…

 

Chapelle 21Puisque les circonstances le permettent, des travaux sont entrepris dans la chapelle, la toiture est rénovée et isolée, le plafond rehaussé formant une petite nef. Il fera moins chaud, pense-t-on, en été quand les luminaires affluent (il n’en sera rien)

L’autel, offert par un collège français et qui attendait son heure est restauré et installé, des beaux vitraux tout neufs sont placés. La Chapelle peut rouvrir ses portes et faire l’admiration de tous.

 

 Deo Gratias et Merci Sainte Rita pour tant d’aide reçue, tant d’encouragements, et de bienfaiteurs…

 

La chapelle tient, envers et contre tout, par delà les problèmes ou les indélicatesses de personnes trop intéressées

au contenu des troncs.

Mais  la barque ne craint pas la tempête …

 

Inauguration chapelle 001

La chapelle de Brasmenil, appelée Chapelle de Sainte Rita, ou parfois Chapelle Notre Dame de Bonne Espérance est aussi l’œuvre de chacun d’entre vous, bénévoles, pèlerins, lecteurs du bulletin, amis du voisinage et du lointain. Votre aide nous est précieuse par la prière d’abord et par l’aide matérielle ensuite.

En ces temps difficiles pour tous, nous vous demandons seulement de ne pas nous abandonner et de faire en sorte qu’ensemble, nous puissions assurer la dignité de cet oratoire où le Saint Sacrement nous redit :

 

Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps.

Dieu seul le sait !

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